Pour mesurer ce que ça signifie: si vous aviez placé votre argent en bourse quand le gazole valait 1,50€, il vous faudrait aujourd'hui avoir fait plus de 100% de plus-value. C'est le prix à payer pour qu'après l'impôt, il vous reste de quoi faire le même plein. Autrement dit, presque personne en France n'a vu son épargne suivre.

Un de mes proches est ingénieur dans l'énergie. Il a passé des années sur des plateformes de forage pétrolier. Quand je lui ai demandé ce qu'il pensait de la situation, il ne m'a pas parlé de hausse passagère, il m'a parlé de pénurie. Pas dans dix ans: maintenant. Ce qui suit vient de nos échanges, et vous concerne directement. Que vous rouliez, que vous vous chauffiez au fioul, ou simplement que vous mangiez.

Tout ce qui fait tourner le pays roule au diesel

Le diesel n'est pas un carburant parmi d'autres. C'est le sang de l'économie.

Les camions qui remplissent les supermarchés roulent au diesel, tout comme les tracteurs qui récoltent ce que vous mangez. Les bateaux qui apportent vos marchandises, les engins de chantier et l'industrie lourde en dépendent aussi.

Sans diesel, la logistique s'arrête. Sans logistique, les rayons se vident. Sans agriculture, il n'y a plus rien à mettre dans les rayons. Il n'y a pas de plan B à court terme. Il n'y a pas de camion électrique pour remplacer du jour au lendemain les centaines de milliers de poids lourds qui sillonnent la France.

Première couche: le pétrole ne passe plus

Regardez une carte. Trois points suffisent à comprendre pourquoi le monde manque de pétrole.

Le détroit d'Ormuz est la sortie du golfe Persique. Le pétrole d'Arabie saoudite, d'Irak, du Koweït et des Émirats passe par là, tout comme les carburants des raffineries de la région. Il est sous blocus.

Petroline est la dernière porte de sortie. Cet oléoduc traverse l'Arabie saoudite d'est en ouest jusqu'à la mer Rouge, pour contourner Ormuz. Mais il ne peut absorber qu'une fraction de ce qui passait par le détroit. Toute la production se bouscule dans un seul tuyau.

Bab el-Mandeb est la sortie sud de la mer Rouge, le passage obligé vers l'Asie. Il est attaqué. Les navires ont deux options: risquer le passage, ou faire le tour de l'Afrique, avec des semaines de trajet en plus.

Résultat: environ 14 à 15 millions de barils par jour ont disparu du marché mondial. C'est 10 % de ce que la planète consomme chaque jour. Imaginez qu'un dixième de l'eau du robinet cesse de couler, partout, du jour au lendemain.

Les gouvernements ont ouvert leurs réserves stratégiques. Cela ramène le manque à 4 à 7 %. C'est encore énorme, mais on pourrait croire que le pire est contenu.

Il ne l'est pas.

Deuxième couche: même le pétrole qui arrive ne sert plus à rien

C'est là que la situation devient vraiment grave.

Le pétrole qui sort du sol ne fait rouler personne. Pour devenir du gazole, il doit passer par une raffinerie, où il est distillé puis craqué. Et des raffineries ont été détruites dans de nombreux endroits. Même Washington finit par appeler à arrêter de les frapper.

Imaginez un pays qui manque de farine, et dont on découvre en plus que les moulins ont brûlé. Même si le blé revenait demain, il n'y aurait personne pour le moudre. C'est exactement là où nous en sommes.

Et le pire, c'est ceci: les réserves stratégiques mondiales sont composées à plus de 80 % de pétrole brut. Non raffiné. Nos filets de sécurité sont remplis de la seule chose qui ne nous sert à rien sans raffineries.

Ce que ça donne en Europe

L'Europe a un talon d'Achille. Depuis l'embargo sur les produits russes, elle dépend fortement du gazole raffiné au Moyen-Orient et en Inde. C'est précisément ce flux que le goulot d'étranglement a coupé.

Conséquence: l'Europe accuse un déficit physique de gazole estimé entre 15 et 20 %. Ce n'est pas une hausse de prix, ce sont des volumes qui n'arrivent pas. Un camion sur six, sur une échelle continentale, sans rien à mettre dans son réservoir.

Le pire est devant nous

Pourquoi ne le ressent-on vraiment que maintenant, alors que la crise a commencé en février ? Parce que les stocks ont servi d'amortisseur, à commencer par les énormes réserves chinoises. Ces amortisseurs s'épuisent. Entre aujourd'hui et décembre, ils ne suffiront plus à masquer le manque.

Et 2,68€ n'est pas un plafond. 2,80€, 3€ le litre sont désormais des scénarios probables.

La semaine prochaine, je vous explique pourquoi on ne sortira pas de cette situation avant au moins trois ans. Ce n'est pas une question d'argent ou de volonté politique, c'est une question de pièces, de techniciens et de files d'attente industrielles.

Et dans l'épisode 3, on fera les comptes: pour un ménage qui roule beaucoup et se chauffe au fioul, c'est 4 000€ de plus par an. Deux mois de salaire médian.

Si ce que vous venez de lire vous concerne et que vous voulez savoir concrètement comment vous positionner face à cette situation…

Je vous invite à remplir ce formulaire (3 minutes).

Les informations que vous me donnez me permettent de comprendre votre situation précise et de vous faire une proposition claire et adaptée.

Ceux qui le font maintenant sont ceux que je contacte en priorité.

À tout de suite,

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